Les actions menées dans le secteur du bâtiment, pour répondre aux besoins massifs de logements après guerre puis en réaction au choc pétrolier de 1973 ont conduit à des actes de construction de grande ampleur et contribué à l’avènement de matériaux et de techniques permettant d’y faire face. 

Ainsi, le béton, les blocs d’agglomérés, puis les isolants issus de la pétrochimie se sont démocratisés. D’une pratique de construction usant de moyens, de techniques et matériaux adaptés à l’environnement du bâti, la construction est passée à des pratiques industrielles : reproduisant en tout lieux les mêmes méthodes, usant des mêmes matériaux et laissant peu de place à l’adaptation propre à chaque site.

Ainsi, le bénéfice de nombreuses bonnes pratiques de conception issues du bon sens paysan est resté pendant une longue l’apanage de quelques individus marqués par le sceau de « l’illuminée marginalité ».

Il aura fallu plus de 30 ans pour qu’émerge à nouveau ces principes, que l’on nomme aujourd’hui  conception bioclimatique, résurgence d’un héritage ancestral fondé sur une faible disponibilité des ressources énergétiques.

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L’environnement de nos anciens en regorgeait (pétrole, gaz notamment) mais ils n’avaient à cette époque pas développé les moyens que nous connaissons aujourd’hui pour les extraire. Quelques décennies plus tard, nous sommes à l’autre bout de ces filons, maintenant largement entamés. Nous revenons à des pratiques plus sages, comme celles qui avaient inspiré ces générations bien avant nous.

Nous mesurons aujourd’hui les lourdes conséquences de plus de 30 années de pratiques profondément marquées par le béton et l’isolation déficiente, sans réellement de profondes mutations de la conception de nos logements. Cette sorte d’assistanat technologique et industriel doit maintenant laisser une place plus importante à la conception raisonnée des projets.

Nos besoins ont changé et notre environnement aussi. L’énergie que nous consommerons demain devra être renouvelable pour rester accessible. Cela, pour au moins deux raisons majeures :

–       nos réserves en pétrole, en gaz, en uranium, etc… ont des limites qui seront atteintes dans quelques décennies,

–       l’usage de ces ressources contribue au dérèglement climatique et à l’augmentation de phénomènes climatiques violents (cyclones, ouragans, pluies, sécheresses,…) ou à la pollution de notre environnement pour de nombreuses génération.

La conception bioclimatique apporte une réponse au premier point, en usant de manière plus judicieuse de nos ressources énergétiques.

Elle apporte également une réponse au second point en optant pour un usage des ressources de construction renouvelables et d’impact faible ou nul sur la teneur en CO2 de l’atmosphère.

Une conception qui s’adapte au contexte du projet et qui utilise tous les leviers possibles et nécessaires à la sobriété énergétique. Cela passe notamment  en priorité par la recherche d’équilibres naturels avant de recourir à la technologie des équipements.

Par exemple, il est préférable d’investir dans une bonne isolation de votre maison avant d’investir dans des moyens de chauffage ou de production d’énergie. Les termitières sont de formidables constructions bioclimatiques et écologiques !

S’agissant d’équilibre naturel, l’enveloppe d’une habitation contribue largement à l’équilibre des conditions de bien être de ses occupants.

La construction en bois dispose naturellement d’atouts en adéquation avec l’approche bioclimatique et notamment du confort hygrothermique.  Celui-ci passe par une isolation thermique performante, une imperméabilité à l’air et une régulation de l’humidité de l’air intérieur.

Répondre à ce triple objectif par la conception bioclimatique, en lui associant une volonté d’un recours limité aux équipements tel que la ventilation mécanique, nous mènera vers des solutions comme celle des parois perspirantes.

Inspiré des pratiques nordiques et germaniques, elle est à l’opposé de l’autre stratégie qui consiste à faire un barrage à l’humidité.

La paroi perspirante laisse volontairement passer une proportion de vapeur d’eau, en restant en dessous des seuils de dégradation de l’isolant qui se trouve derrière. Pour cela, la face intérieure de la paroi sera recouverte d’un frein vapeur et non pas d’un pare-vapeur.

L’autre point important réside dans le choix de l’isolant dans la paroi. Il devra être suffisamment capillaire pour drainer l’éventuelle eau condensée vers les parements afin de s’évaporer à nouveau.

Le dernier point consiste à prévoir un parement intérieur 5 fois plus résistant à la vapeur d’eau que le parement extérieur. Ceci facilite le transite de la vapeur d’eau vers l’extérieur, tout en laissant la possibilité d’un retour vers l’intérieur selon les conditions hygrothermiques. Notez qu’une paroi perspirante n’en est pas moins étanche à l’air.

La solution des parois perspirantes contribuent au confort et au bien être dans l’habitat en lissant les pics d’humidité, tout en évitant des périodes où l’air pourrait être trop sec (été notamment). Elle permet également de réguler l’humidité déjà présente dans l’isolant avant sa pose et de palier aux risques de malfaçon sur les chantiers où la perforation d’un pare-vapeur pourrait être catastrophique pour l’isolant. D’où l’intérêt d’un frein-vapeur :  « un barrage qui craque fait beaucoup plus de mal qu’une rivière qui coule ».

En attendant, seriez vous prêt à adopter ce type de parois pour votre future maison ?

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