Le fioul domestique est l’énergie principale de chauffage d’environ 5 millions de foyers français ce qui représente environ un ménage sur cinq. Son impact sur la manière dont nous nous chauffons dans nos villes et villages n’est donc pas anodin.

Si l’on s’en tient à la directive 1907/2008/CE, force est de constater que malgré la sûreté dont il fait l’objet aujourd’hui, le fioul domestique reste classé par la législation comme un “produit dangereux”. A noter également que la combustion du fioul implique la production d’émissions de gaz à effet de serre.

Et pourtant, malgré tout, le fioul est un mode de chauffage considéré comme l’un des plus fiables au monde. Il faut dire que le fioul reste un dérivé du pétrole brut et ce dernier pâtit d’une image plutôt négative auprès du grand public. Tout le monde garde en tête les images de fioul déversé dans la mer et sur les plages à la suite de fuites dans les cuves des navires, détruisant par la même l’écosystème marin et côtier.

Une ancienne cuve à fioul. Fort heureusement leur look a bien changé depuis ! Vu sur Pinterest

Faut-il pour autant s’alarmer des conséquences qu’une installation au fioul domestique peut avoir chez soi ? Nous allons tenter dans cet article de comprendre les risques liés à l’utilisation du fioul en apportant dans le même temps quelques conseils pratiques pour  limiter les risques.

Quels risques ?

On peut facilement avoir tendance à surévaluer les dangers du ce liquide inflammable qu’est le fioul. Si les dangers sont minimes, il convient tout de même de suivre une procédure de stockage adhoc non seulement pour le stockage mais également l’entretien du fioul.

Parlons tout d’abord des risques d’incendie.

Si le fioul est une matière inflammable et peut dans des cas extrêmes entraîner une explosion, il n’en reste pas moins que les installations sont assurées par des professionnels agréés qui suivent des procédures suffisamment strictes (et sûres) pour que le taux à risques dans le cadre d’une utilisation normale soit proche de 0. Par exemple, les cuves à fioul sont totalement indépendantes du brûleur de la chaudière, ce qui dans des conditions d’utilisation classique ne peut occasionner de départ de feu.

Une cuve à fioul au sous-sol. Vu sur Pinterest

La chaleur est toutefois un facteur aggravant pour une cuve à fioul et cette dernière peut en faire les frais lors d’épisodes caniculaires en été. D’où l’importance de stocker intelligemment son fioul afin de minimiser les risques quel que soient les aléas climatiques.

Quelques conseils pour optimiser la sûreté de votre cuve à fioul

1. Un stockage dans des conditions climatiques neutres

Pour éviter les variations de températures, rien de tel que de stocker son fioul dans un abri ventilé et protégé de l’humidité, c’est le cas des annexes enterrées à côté de la maison voire sous la maison. On privilégiera les annexes attenantes car en cas de départ de feu, sa maison sera davantage protégée. Autre possibilité, un abri extérieur mais non protégé, tel qu’un abri de jardin ou un petit garage. Seul bémol, un abri de jardin sera davantage exposé à la chaleur, au froid (gel) et aux intempéries qu’un abri enterré.

2. Vérifiez régulièrement l’état de votre chaudière

Contrairement à la cuve, les fortes chaleurs ou le gel n’ont pas d’incidence sur le fonctionnement d’une chaudière. Cette dernière doit toutefois faire l’objet d’un entretien régulier par un professionnel. Une chaudière encrassée peut entraîner de fortes répercussions in fine sur la qualité de rayonnement de la chaleur dans l’habitat.

Il est indispensable de nettoyer sa cuve à fioul 1 fois tous les 5 à 7 ans. En savoir plus sur le nettoyage cuve à fioul

Une chaudière conditionne la stabilité de la chaleur dans l’habitat. Votre installateur saura quels éléments doivent être remplacés. Un dernier conseil: n’attendez pas que votre chaudière soit trop vieille pour la remplacer !

Le fioul: un danger pour l’homme et l’environnement ?

Malgré la directive européenne, il est bien difficile de prouver scientifiquement que le fioul est un danger dans le cadre d’une utilisation normale ! Le fioul n’est pas une matière cancérogène et ne présente aucun danger si toutes les précautions d’usage ont été prises.

Les risques majeurs sont surtout liés aux émanations de fioul résultant de fuites, même minimes, et pouvant provoquer des problèmes ou difficultés respiratoires. Il s’agit donc de risques d’inhalation. D’où l’importance de vérifier et revérifier régulièrement l’étanchéité de son installation. Dans bien des cas on pourra détecter les fuites très simplement car l’odeur du fioul sera davantage prégnante dans la pièce où il est stocké.

Grande cuve à fioul. Vu sur Pinterest

La qualité de l’installation est donc primordiale mais pensez également à la ventilation. Laissez entrouvertes fenêtres et lucarnes de manière à ne pas comprimer l’air dans l’abri de la cuve.

Les risques: des étourdissements et dans les cas d’une inhalation prolongée: des évanouissements.

Si votre cuve fuit pour une raison ou une autre, veillez à nettoyer toutes traces possibles sur le sol et gardez vos enfants et animaux domestiques à l’écart des flaques de fioul. L’ingestion de goutes de fioul par un enfant ou un adulte peuvent avoir des conséquences graves et il conviendra de réagir dans les meilleurs délais en commençant par faire dégurgiter la personne sans boire d’eau (l’eau peut dans certains aggraver la situation en diluant la toxicité de la matière ingérée dans le corps). Contactez ensuite le centre antipoison et de toxicovigilance le plus proche.

Ne laissez pas sécher les flaques de fioul, aussi petites soit-elles. Elle seront très difficiles à ôter par la suite sans oublier les dermatoses que le fioul peut provoquer sur la peau en cas de contact prolongé. Portez des gants en caoutchouc longs (de type norme NF EN ISO 374-1) et un masque si vous devez nettoyer une flaque de fioul. Si votre peau est entrée en contact avec le fioul rincez abondemment la peau à l’eau (et si possible à l’aide d’un jet d’eau).

En attendant et pour la protection des membres de votre famille, déposez un peu de sable pour que ce dernier absorbe la tâche. Si les flaques sont trop importantes, contactez le service de l’eau et de l’assainissement de votre mairie.

Intoxication au monoxyde de carbone

On ne peut pas l’éluder même si elle reste extrêmement rare, une intoxication au monoxyde de carbone survient en général lorsqu’une chaudière a été contrôlée à intervalles trop irréguliers. Le fioul poursuit alors sa combustion sans que l’apport en oxygène soit suffisant, ce qui empêche l’oxydation totale en CO2, d’où la création de monoxyde de carbone.

Pour éviter les intoxications on pourra installer un détecteur juste à côté de la chaudière. Ce dernier pourra prévenir les dysfonctionnements et donc une intoxication éventuelle.

Enfin le fioul peut être un danger pour l’environnement

Le fioul est un cauchemar pour les sols et les nappes phréatiques. Il faudra donc veiller à ce qu’il repose sur une dalle imperméable empêchant tout contact avec les sols en cas de fuite. N’essayez pas de contenir la fuite par vous-même si cette dernière est trop importante. Seuls les pompiers et des entreprises spécialisées possèdent l’équipement adéquat pour stopper et absorber les déversements de fioul.

Des risques maitrisés donc..

Pour limiter les risques, il convient de ne pas négliger l’entretien de sa cuve à fioul comme de sa chaudière. C’est aussi simple que ça. Une chaudière doit être contrôlée par un professionnel chaque année, en général avant le début de l’hiver. Si les contrôles sont continus, que la chaudière est en bon état et que la cuve est bien entretenue, on peut aisément avancer que le chauffage au fioul n’est pas dangereux et sans aucun doute le moins dangereux de tous les modes de chauffage. On veillera enfin à contrôler régulièrement le jauge de la cuve de fioul de manière à repérer les fuites éventuelles si cette dernière venait à se vider un peu trop rapidement ! 

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