Comment définir l'équilibrage?

Dans une installation de chauffage central, nous avons donc d’un côté une production de chaleur, généralement constituée d’une chaudière et à l’opposé des éléments chauffants que nous pouvons qualifier ici de radiateurs, mais bien entendu cela peut être n’importe quel appareil capable de diffuser la chaleur contenue dans le fluide véhiculé. Et entre les deux, nous allons trouver tout un réseau de tuyauteries, raccords, vannes de barrage ou de régulation, etc...

On suppose que cette installation a été bien étudiée, bien réalisée et bien mise en service. Donc tout doit aller pour le mieux.

Et tout fonctionne effectivement très bien, sauf peut-être ce petit radiateur dans la chambre du fond qui a toujours un peu de difficulté à chauffer correctement. Pourtant, toute l’installation a été bien purgée et cela devrait fonctionner.

Oui mais voilà, l’installation fonctionne à peu près correctement sauf qu’il lui manque une étape importante et très souvent négligée, l’équilibrage (en savoir avec xpair).

En quoi consiste donc l’équilibrage d’une installation ??

Reprenons depuis le début :

La chaudière va élever la température de l’eau du circuit servant de fluide thermique; cette eau va donc emmagasiner de l’énergie sous forme de chaleur.

Cette énergie va circuler par le biais du réseau de canalisations en direction des émetteurs de chaleur (radiateurs, etc...).

la chaleur de l’eau va se dissiper et transmettre son énergie à l’air ambiant et va retourner à la chaudière "faire le plein", si l’on peut dire.

Cette eau qui circule représente un débit mesurable en volume/heure soit par exemple 1000 litres/heure mais comme cela représente aussi un échange de chaleur, on peut aussi parler de débit thermique.

Imaginons un radiateur d’une puissance de 2500 watts, soit 2,5 kw ou encore 2150 kilocalories/heure. Cette ancienne mesure de chaleur a été remplacée par le kw pour des raisons de norme mais pas au profit de la simplicité de calcul.

Il s’agit donc de la puissance maximale possible pour cet émetteur, sous réserve bien sûr de réussir à amener suffisamment de débit d’eau à cet élément.

Comme l’eau va se refroidir dans le radiateur, on va donc envisager une différence de température entre l’entrée et la sortie du radiateur, par exemple 20°, et on obtiendra un débit correspondant nécessaire à la performance de cet élément. Il suffit de diviser la puissance à obtenir soit ici 2150 (l’équivalent en kilocalories de 2500 watts) par la valeur de différence de température appelée aussi delta-t pour obtenir le débit d’eau nécessaire.

Récapitulons : 2150/20° = 107,5 litres par heure ce qui représente un débit à la minute assez faible de l’ordre de 107,5/60 = 1,79 litre.

Et pour chaque élément, ce sera la même procédure. Mais comment pouvez vous être certain d’obtenir le bon débit au bon endroit ?

Eh bien, c’est là tout l’intérêt d’équilibrer son installation car cela permet d’être à peu près sûr d’envoyer la quantité de fluide nécessaire au bon endroit, donc à terme non seulement de générer des économies d’énergie mais également de permettre un confort appréciable sur l’ensemble de l’installation.

Une fois le problème posé, nous allons essayer de trouver une, voire des solutions, de la plus simple à la plus complexe.

Imaginons que vous disposiez déjà d’une installation classique équipée ou non de robinets thermostatiques qui présente un dysfonctionnement. Si l’installation est très ancienne, il se peut que vous ne disposiez pas de tés de réglage au niveau de la sortie des radiateurs mais cela devient de plus en plus rare *.

* Si tel est le cas, il n’y a pas grand chose à faire. Il faut bien reconnaître que ce ne sont pas ces installations qui posent le plus problème car elles étaient souvent surdimensionnées ; par contre, elles peuvent être embouées et dans ce cas, les produits de désembouage que l’on trouve chez les professionnels feront certainement l’affaire.

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1° solution sans remplacement de matériel

Dans le cas d’une installation à sorties de radiateurs réglables, la technique à utiliser consiste à agir sur ces tés de réglage afin d’obtenir de manière un peu empirique une répartition du fluide sur l’ensemble de l’installation.

cette méthode a pour avantage d’utiliser le matériel existant et n’est donc pas coûteuse ; l’inconvénient est que le réglage demande du temps compte tenu du fait qu’inévitablement, il faut s’y prendre en plusieurs fois avant d’obtenir un résultat correct.

Mais bien souvent, cette situation n’est gênante que si c’est un professionnel qui intervient, mais si vous le réalisez vous même, c’est juste un peu de temps à y consacrer.

La procédure que je préconise :

Fermer complètement tous les coudes ou tés de retour de manière à être certain de la position.

Ouvrir les radiateurs les plus proches de la chaudière de 1 tour par exemple.

• Au fur et à mesure de l’éloignement, augmenter d’un demi-tour l’ouverture de la vis.

Vérifier la transformation de la répartition du fluide. C’est là que cela peut prendre du temps.

• Si nécessaire, modifier le réglage par itérations à partir du début.

Une fois toutes ces manipulations réalisées, l’ensemble devrait être plus équilibré (c’est le but !!) et il se peut même que vous fassiez quelques économies d’énergie.

Cette méthode a malgré tout un inconvénient : le jour où vous décidez de refaire la décoration des murs de votre logement, il sera peut-être nécessaire d’enlever les radiateurs et là, il faudra fermer les vannes. Tout sera donc à refaire !!

2° solution avec remplacement de matériel

Il existe sur le marché des matériels permettant de réaliser de manière fiable l’équilibrage d’une installation. Selon les marques, il s’agira soit de vannes d’entrée de radiateur, souvent thermostatiques (OVENTROP série AV,ADV - HEIMEIER série V-exact,F-exact, etc...), soit de coudes ou tés de sortie prévus pour y faire des réglages de débit (HONEYWELL Verafix,etc ...) .

La démarche est similaire à la première à la différence près qu’ il faut intervenir sur l’installation pour y remplacer des éléments, donc vidanger, ce qui complique un peu l’opération.

Si l’on compare les deux techniques utilisées, ma préférence va sans conteste vers les robinets thermostatiques d’entrée de radiateur pour une raison simple tirée de l’expérience, cette méthode se réalise sans appareillage externe alors que le réglage sur robinets de retour nécessite l’utilisation d’une valise de réglage que vous aurez vraisemblablement des difficultés à trouver.

Cette technique permet un réglage fin de l’installation. Elle devrait en toute logique être complétée par un réglage global de débit de l’installation permettant de n’envoyer que le strict nécessaire.

Ce réglage peut être effectué à l’aide de vannes de réglage de débit placées au départ du ou des circuits.

Ces vannes sont disponibles chez les principaux constructeurs. Par contre, leur réglage nécessite l’utilisation de valises de réglage pas toujours faciles à se procurer.

Le constructeur Tour et Anderson plus connu en France sous le nom de TA control propose un kit complet permettant d’équiper une installation d’une vanne de réglage globale, d’une vanne de décharge automatique ainsi que de vannes thermostatiques et de retour radiateurs. Ce matériel, bien que très performant, présente aussi l'inconvénient de devoir disposer d'une valise de réglage quasiment introuvable pour un particulier.

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