De l'intérêt d'une bonne isolation des sols et planchers

isolation sols et planchers

Pour isoler le sol du bas, c’est à dire au rez-de-chaussée, l’isolation est plutôt thermique, tandis que pour les sols et planchers intermédiaires, elle est plutôt acoustique. De ce fait les techniques et les isolants utilisés sont différents selon le cas.

Dans la plupart des cas, le sol est composé de différentes couches de matériaux qui vont chacun jouer leur rôle pour rendre l’habitat solide, sain et confortable phoniquement et thermiquement.

Isolation thermiques des sols et planchers​

Pour une meilleure isolation thermique, il est nécessaire d’isoler les sols et planchers bas (rez-de-chaussée) de l’humidité et du froid pour éviter les déperditions de chaleur (de 7 à 16%).

Lorsque votre sol est au dessus d’un sous-sol non chauffé (cave, garage, local…), vous pouvez isoler votre plancher en sous-face de celui-ci, en posant de l’isolant en panneaux ou en rouleaux (laines minérales de verre ou de roche, fibres ou laines végétales de ouate de cellulose, de chanvre, de liège…, plaques de polystyrène expansé élastifié) sur le plafond du sous sol.

Par souci d’esthétisme, vous pouvez éventuellement finir en recouvrant de plaques de parement en plâtre sur ossature.

Cette méthode, facile et économique, permet de conserver l’inertie thermique de la dalle qui emmagasine et restitue la chaleur du chauffage en hiver et reste fraîche l’été. Ce qui permet de stabiliser la température intérieure malgré les variations climatiques.

Il est également possible d’injecter de l’isolant en vrac ou flocons sous le plancher.

Enfin il est conseillé d’aérer ou de ventiler régulièrement le sous-sol lorsque c’est possible afin d’éviter l’humidité.

Dans le cas où vous choisissez d’isoler le sol bas par le dessus en coulant du béton sur l’isolant, assurez-vous que la structure supportera la surcharge de poids que cela engendre.

Si votre sol bas est situé sur un vide sanitaire inaccessible (vide d’air entre la dalle et le terrain d’au moins 20 centimètres) ou directement sur le terrain (terre plein), vous allez devoir l’isoler par le dessus.

  • Grâce à une dalle flottante, qui va être réalisée sur la dalle existante (à créer s’il n’y en a pas).

Cela consiste à poser l’isolant sur la dalle. L’isolant doit résister au poids et à la pression. C’est le cas du polyuréthane, du polystyrène expansé tel que le PSE et le XPS.

Ensuite, il convient de placer un film plastique pour protéger l’isolant.

Puis, une chape de béton, de mortier ou de ciment, ou encore une chape sèche composée de panneau de bois et de fibres de cellulose (moins stable), est disposée.

Enfin, il suffit de recouvrir cette chape d’un revêtement de sol, comme de la moquette, du carrelage, du parquet… qui ont d’ailleurs un rôle d’isolant.

  • Grâce à une chape flottante (seule solution pour les terre-pleins anciens) qui consiste à poser l’isolant à même le sol, puis à le couvrir d’une chape de béton. Cette solution, moins efficace, est inadaptée lorsque le terrain est humide et froid.
  • L’isolation par coffrage ou entre solives, est une variante qui consiste à poser des poutrelles en béton ou hourdis (éléments creux en béton, en terre cuite, en polystyrène ou en bois aggloméré) sur le terrain et d’insérer l’isolant (panneaux fibragglo ou de laine minérale) entre les solives.
    Puis le tout est recouvert par une dalle en béton armée.
  • La chape isolante est composée soit de béton avec des granulats isolants, soit de béton de chanvre et de chaux pour une chappe plus légère. En revanche, elle est incompatible avec les armatures métalliques qui peuvent être remplacées par des armatures en verre.

En sachant qu’il est recommandé de réaliser cette chape isolante sur une dalle existante pour éviter que la chaleur fuit vers le bas.

Dans le cas de terre plein, vous pouvez remplacer le vide sanitaire par la création d’une dalle sur hérisson ventilé (dalle reposant sur un terre plein de pierres, de galets ou de concassé calcaire, aéré avec des tuyaux perforés en plastique, pour la ventilation).

Ce système assure l’assainissement permanente de la construction.

Ensuite, une chappe isolante, d’au moins 4 centimètres, est réalisée, pour finir par le revêtement de sol.

  • Dans le cas d’un parquet, il suffit de retirer les lames de parquet pour insérer l’isolant, puis de les réinstaller.

A noter qu’en plaçant l’isolant sur le sol, cela entraine une surélévation de celui-ci.

isolation fenêtre

Par conséquent, il vous faudra changer vos portes et portes fenêtres ou les adapter, et peut être même revoir l’emplacement des canalisations. Ce qui peut engendrer des travaux et coûts supplémentaires.

Dans l’idéal, l’épaisseur de l’isolant sur ou sous le sol bas doit être de 5 à 8 centimètres pour être vraiment efficace.

Il existe toutefois des isolants minces qui peuvent vous éviter les inconvénients entrainés par la surélévation du sol.

A l’occasion de ces travaux d’isolation du sol bas, vous pouvez tout à fait intégrer le chauffage au sol.
Il suffit alors d’insérer les tubes chauffants sur un isolant adapté, puis de recouvrir le tout d’une chappe en béton. Pour finir par le revêtement du sol.

Ce système permet de chauffé 1 à 2°C en moins par rapport au chauffage classique mural, du fait que la chaleur s’élève naturellement.

isolation des combles plancher

Source: bove.fr

Si vous faites construire, et que vous ne voulez pas de sous-sol ou que votre budget ne le permet pas, l’idéal est de créer un vide sanitaire ventilé afin d’être mieux isolé du froid et de l’humidité. Reste ensuite à poser l’isolant, puis la dalle en béton et enfin le revêtement de sol.

Si vous désirez isoler le plafond donnant sur les combles ou le toit, il est judicieux de procéder à une isolation par le plancher du comble.

isolation des plafonds

Sachez que pour remplir les conditions Minergie en Suisse et obtenir une subvention, il convient d’ajouter 12 centimètres d’isolant fixée sous la dalle, avec 2 centimètres d’isolant entre la dalle et la chape qui reçoit le revêtement de sol final.

Isolation phonique ou acoustique des sols et planchers


Pour une meilleure isolation phonique, notamment en appartement ou en habitat collectif, il est conseillé d’isoler les sols et planchers intermédiaires, d’un étage à l’autre, tant pour vous protéger des bruits de chocs et d’impact de vos voisins (grâce à un isolant à haute densité), que pour limiter la propagation des bruits aériens que vous émettez (grâce à un isolant léger, comme le liège).

Le principe d’une isolation acoustique est de désolidariser les structures soutenant le plafond de celles supportant le plancher pour qu’il n’y ait plus aucun point de contact entre le sol et le plafond.
Le mieux étant de réaliser un double solivage ou plus simple, d’insérer une couche d’isolant amortissant en dessous du sol ou au dessus du plafond.

Source: isolation-phonique.com

A l’occasion de l’isolation phonique du sol de votre habitation, pensez à vérifier l’état du plafond en dessous. S’il existe des fissures ou petits trous, rebouchez-les pour assurer l’étanchéité du plafond.

A noter que dans le cas du parquet, les cloisons doivent reposer sur les solives (poutrelles) et non directement sur le parquet.

De plus, le parquet ne doit pas être collé au mur. Il faut donc laisser 1 à 2 centimètres d’espace qui sera caché par les plinthes.

La négligeance de ce genre de détails peut être responsable d’une mauvaise isolation acoustique de votre logement, même après de coûteux travaux d’isolation.

L’idéal étant de faire appel à un acousticien qui vous dira précisément le type d’isolation à effectuer. La plupart garantissent même les résultats après réalisation des travaux.

Voici les matériaux isolants à privilégier pour une isolation phonique de qualité :

  • Les laines minérales, notamment de verre et de roche qui sont performantes à la fois au niveau acoustique, thermique et résistance au feu.
  • Le liège absorbe les vibrations et les ondes. Imputrescible et naturel, il isole aussi bien phoniquement que thermiquement.
  • Les fibres polymères (comme la mousse de polyéthylène, de polyoléfine ou de polypropylène) se vendent sous forme de rouleaux.
laine de verre acoustique

Cette isolant mince joue le rôle d’amortisseur grâce à son élasticité qui absorbe les chocs, donc les bruits.
Son épaisseur varie de 2 à 6,5 millimètres, ce qui évite la surélévation des sols et planchers et les inconvénients qui en découlent (portes et portes fenêtres à scier ou à changer, canalisations à revoir…), lorsque l’isolation doit se faire par le dessus.

  • La ouate de cellulose en vrac (ou des granulés isolants en fibres de cellulose pures) est également un excellent naturel isolant acoustique pour sol et plancher, grâce à sa texture élastique et fibreuse.
    Par l’étage du dessus, elle est bourrée de façon lâche sous le plancher.

Il est également possible de la souffler sous le plancher grâce à un appareillage spécial. Ce qui évite le démontage du plancher.

Par l’étage du dessous, elle est insufflée au dessus du plafond.

A éviter pour une isolation acoustique : le polystyrène expansé ou extrudé et le polyuréthane.

Isolation phonique ou acoustique des plafonds

Si vous habitez en appartement et que les bruits de votre voisin du dessus vous gênent, vous pouvez procéder à une isolation phonique des sol et plancher par le plafond.

C’est également le cas si vous voulez éviter les problèmes de surélévation du sol.

Toutefois, cette technique s’avère beaucoup moins efficace que l’isolation par le sol ou le plancher, notamment au niveau des bruits de chocs et d’impacts qui doivent être traités à la source, c’est à dire par le dessus.

La première solution est d’injecter un isolant en vrac en passant par le plafond. Cette technique exige un matériel spécial, mais vous évite les inconvénients de travaux plus importants.

L’autre solution consiste à créer un faux-plafond suspendu désolidarisé, en fixant des plaques de parement non perforées (plâtre, lambris… ) sur ossature métallique antivibratile.

Ensuite, il suffit d’insérer un isolant d’une épaisseur de 4 centimètres au minimum par dessus.
Il est également recommandé de laisser un vide d’air entre l’isolant et le plafond du dessus, d’au moins un centimètre et dans l’idéal de 40% de la hauteur entre le plafond et le faux-plafond ( les 60% restant étant rempli par l’isolant).

Vous pouvez ajouter une deuxième couche de plaque de parement, posée de façon croisée, pour avoir une meilleure isolation acoustique.

Pour être vraiment efficace et avoir un pouvoir d’isolation acoustique satisfaisant, il est nécessaire d’insérer une couche d’isolant souple entre le faux-plafond et les murs pour le désolidariser, afin qu’il n’y est aucun contact.

Ce système empêche ainsi la transmission des bruits dans le reste de la structure.
Pour finir, il convient d’appliquer un joint de mastic (silicone) pour une meilleure étanchéité.

Sachez que le bruit se propage par le moindre petit trou.
Aussi, enduisez tous les trous et fissures, avec un enduit spécial jointure. Et si des canalisations traversent le plafond, entourez-les d’isolant.

La pose de spots encastrés est à exclure car ce type d’éclairage nécessite de trouer le plafond et est difficilement isolable.

A noter que pour réussir à obtenir une isolation phonique de très bonne qualité, l’idéal est d’isoler vos murs pour éviter le phénomène de propagation des bruits dans la structure.